COMMUNIQUE DE PRESSE

ILLUSTRATION DE L’INCOHERENCE DE LA POLITIQUE EN MATIERE DES TRANSPORTSlion air 1

lion air 2L’absence de Moralité de l’Etat est inacceptable !
Il y a à peine un mois, l’Elysée déroulait le tapis rouge à la compagnie
aérienne indonésienne pourtant « blacklistée », Lion Air, à l’occasion de la signature d’un contrat record avec Airbus.
Le PDG de cette compagnie a déclaré par voie de presse (la Tribune du 13/02/2013) qu’il « s’en fichait » de figurer sur la liste noire Européenne !

Le crash en mer de Lion Air du 13 avril à Bali nous rappelle que la
moralisation de la vie politique doit aussi s’appliquer au transport
aérien !

Une proposition de loi vient d’être adoptée à l’Assemblée Nationale, le 11/04/13: elle obligera les agences de voyages et tours operators à signaler à leurs clients l’inscription d’une compagnie aérienne sur la Liste Noire de la Commission Européenne et à les inviter à chercher une autre compagnie.

L’intention est bonne mais quelle sera la portée concrète de ce texte si la référence est une liste noire dévoyée? Rien d’autre qu’un nouvel écran de fumée destiné à rassurer le voyageur crédule toujours aussi mal informé. Angélisme ou amateurisme de nos élus ? Quoiqu’il en soit, ce n’est à l‘évidence pas suffisant !

Lors du précédent quinquennat, l’Autorité de la Qualité de Service dans les Transports (AQST) s’inquiétait de la ponctualité et de la régularité en oubliant le volet sécuritaire :
Arriver à l’heure, c’est bien ; en vie, même en ne payant pas cher, c’est mieux !

Il faut que l’état français s’implique fortement auprès de la commission Européenne pour la production d’une véritable liste noire qui ne soit pas édulcorée par des raisons économico-diplomatiques. La sortie rapide de la liste noire de la
compagnie «one two go» après l’accident de Phuket en est la parfaite illustration.

  •  La FAA Américaine (le pendant de l’EASA Européenne) le fait sans complaisance avec sa liste IASA qui recense les Etats qui respectent ou ne respectent pas les règles de l’Organisation Internationale de l’Aviation Civile (OACI).
  • l’OACI justement, attribue une note de 1 à 10 à tous les états membres et en publie la moyenne internationale.
  • I’IATA enfin, l’organisation internationale des compagnies aériennes exclut les compagnies membres qui refusent ou ne passent pas avec satisfaction les audits de sécurité internes que l’organisation fait passer à toutes ses compagnies adhérentes (170 environ).
    Le bilan 2012 de la sécurité aérienne dans le monde (« Flight International 15-21 January 2013 ») démontre une meilleure performance en matière de sécurité des compagnies IATA que celles qui n’y sont pas affiliées.

Il faut donc se servir de ses indicateurs et s’y référer, quand bien même ils ne seraient pas parfaits.

Le Comité de Veille pour la Sécurité Aérienne exige en conséquence :

  • d’une part la mise à niveau de la liste noire Européenne, en prenant en compte les critères objectifs de l’OACI et de l’IASA, lesquels s’appliquent aux Etats.
  • D’autre part que soit fournie aux usagers du transport aérien, l’information selon laquelle les compagnies affrétées disposent ou non du label IATA.